Pas de reins mais beaucoup d’élan

Dan Plouffe
La sauteuse en hauteur des Gee-Gees Marie-Ève Chainey fait déjà partie d’un petit groupe exceptionnel par sa capacité de mener de front la compétition sportive et des études exigeantes en sciences infirmières, mais personne d’autre n’a mené une lutte aussi acharnée pour simplement prendre place sur la ligne de départ.
L’étudiante de 27 ans ignore encore pourquoi, pendant un séjour en Espagne il y a neuf ans, ses reins ont subitement cessé de fonctionner. Tout d’un coup, la rétention d’eau a ajouté une cinquantaine de livres (23 kilos) à son poids et sa pression sanguine a grimpé en flèche à 220/143.
« J’ai encore de la difficulté à croire qu’il y a huit ans je ne pouvais même plus marcher. J’étais en fauteuil roulant, incapable de me laver les cheveux, je ne pouvais plus rien faire, se souvient la jeune femme originaire de Kapuskasing en Ontario. Chaque fois que j’en parle, j’en ai des frissons. »
Considérant les dommages à ses muscles, les médecins ont dit à Marie-Ève qu’il n’était plus question pour elle de faire du saut en hauteur. Mais elle leur a donné tort en retrouvant peu à peu la forme malgré ses reins défectueux et ses traitements de dialyse, tous les soirs, qui la rendent un peu « zombie » le lendemain.
La saison dernière, Marie-Ève Chainey s’est qualifiée pour affronter des athlètes parmi les meilleurs au Canada lors des championnats des Sports universitaires de l’Ontario et à la finale nationale des équipes. L’entraineur des Gee-Gees, Andy MacInnis, n’en revient toujours pas.
« Réussir à conjuguer la complexité de ses études en sciences infirmières et le temps à consacrer pour arriver au calibre nécessaire pour compétitionner en athlétisme malgré son état de santé représente un défi énorme qu’elle relève avec hardiesse. Elle a un très grand courage! », ajoute l’entraineur MacInnis.
Lorsque cette diplômée en sciences de l’activité physique a fait son stage en milieu infirmier, de septembre jusqu’au début de novembre, elle a dû cesser complètement son entrainement au saut en hauteur. Habituellement, elle fait sa dialyse à la maison, mais il lui a fallu passer elle-même des nuits à l’hôpital puis se lever à cinq heures du matin pour prendre soin d’autre patients durant ses quarts de travail.
« Dormir à l’hôpital et faire l’aller-retour à la maison ont été un peu dur pour ma santé », dit l’étudiante qui a été souvent malade au cours des deux mois où elle côtoyait des gens mal portants. « La dialyse affaiblit mon système immunitaire et ralentit la guérison. Je dois donc prendre du repos. »
« Tout cela fait simplement partie de mon style de vie. Je ne peux rien y faire; il faut que j’écoute mon corps. »
Cette pause inattendue dans son entrainement a obligé Marie-Ève à revoir ses objectifs pour la saison. La Gee-Gee de deuxième année espère se qualifier pour les championnats nationaux du Sport interuniversitaire canadien au cours des prochaines années. Pour le moment, elle vise à se rendre à nouveau aux finales des SAO en franchissant 1,55 mètre et en améliorant sa maîtrise de soi en compétition.
Le premier pas vers ce but a été le retour à l’entrainement ces dernières semaines au Dôme Louis-Riel dans le secteur est d’Ottawa.
« Cela fait tellement de bien. Même mon humeur est meilleure. Je me sens si bien d’être au gymnase, souligne l’étudiante qui aspirait à devenir médecin depuis son enfance. L’an dernier, j’ai été très rarement malade pendant la période d’entrainement. Cela me dit que faire de l’exercice physique renforce mon système immunitaire. »
Tel est le message que Marie-Ève Chainey s’efforce de transmettre. L’été dernier, la résidente de Gloucester a organisé à Ottawa une course pour la Fondation Shad-Ireland afin d’encourager les patients en dialyse à faire de l’activité physique.
« En dialyse j’ai vu tellement de personnes jeunes qui ont des enfants et qui ne peuvent plus fonctionner normalement, se désole Marie-Ève, ardente partisane de l’hémodialyse nocturne à la maison. Ils ne peuvent pas garder un emploi, toute leur famille se ressent de la maladie et la plupart d’entre eux auraient pu faire quelque-chose pour prévenir cela. Il est possible de contrôler le diabète et la haute pression et le faire aide à prévenir la déficience rénale. »
Pour l’entraineur Andy MacInnis, l’histoire de Marie-Ève Chainey est une source d’inspiration pour bien des gens.
« Il y a un but à tout ce qu’elle fait, et c’est toujours pour les bonnes raisons, dit-il. Pour les personnes en dialyse qui font face aux mêmes défis qu’elle, elle est un bon exemple des limites réelles et des limites qui n’en sont pas réellement ».

Les commentaires (8)
This is an amazing story! Hats of to this young lady who has overcome so many hurdles and pains and proved to herself and others that she is one the best. Stories such as these motivate others.
Par Sai Vanapalli sur le 02 12 2010
Les commentaires (8)
Cette personne si inspirante devrait être connue davantage. Il existe concours : la personnalité de la semaine Radio-Canada / Le Droit. Je suis certaine qu’elle en inspirera d’autres que moi!
Par Anne Patry sur le 02 12 2010
Les commentaires (8)
Quelle jeune femme inspirante en effet, quel magnifique exemple de courage!
Bravo à Marie-Ève Chainey !
Par Valérie Leclercq sur le 02 12 2010
Les commentaires (8)
Great article Marie-Eve, I love the message and completely support your views… As always, I wish you the best!
Par Renee Brisson sur le 02 12 2010
Les commentaires (8)
c,est un exemple de courage qui prouve que quand on veux on peux.
on ne doit jamais lacher pour realiser ses reves… BRAVO
Par carole calouette sur le 02 12 2010
Les commentaires (8)
Comme je suis sa tante, vous avez aucune idée comment elle est brave et très inspirante….....
Lâche pas ma belle
Marie-Eve…..on aime beaucoup!
Par Tante Lynn sur le 03 12 2010
Par Lynn Chainey sur le 03 12 2010
Les commentaires (8)
Comme je le lui ai deja dit Marie-Eve c’est mon modele de courage dans ma vie.Bravo pour tes succes.Ta tante Claire
Par Claire Desrochers sur le 03 12 2010
Les commentaires (8)
bravo ton oncle nous a montre le courage et la determination d’une jeune femme pleine de vie
martin et loulo
Par martin gagnon sur le 19 12 2010